Fière de faire découvrir son marché au cadran
Agricultrice retraitée, Marie-Françoise Nigay guide toute l’année les visiteurs sur le foirail de Saint-Christophe-en-Brionnais, en Saône-et-Loire.
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«Bonjour, je suis Marie-Françoise, votre guide. Je vais vous faire découvrir le marché de Saint-Christophe-en-Brionnais, l’un des plus grands de France avec 42 000 bovins vendus en 2025. » Chaque mercredi, l’ancienne agricultrice de cette commune de Saône-et-Loire accueille en toute simplicité ses hôtes. Comme le faisait son mari Jean auparavant. « Après sa mort en 2017, j’ai pris le relais. J’apprécie le contact avec les gens », souligne Marie-Françoise, ancienne salariée d’une exploitation qui vendait des fromages de vache et de chèvre sur les marchés.
Des enchères électroniques
Le cadran brionnais voit passer quelque 7 000 visiteurs par an en provenance de toute la France. « Fiers de leur outil, les éleveurs emmènent amis et famille », précise la tonique retraitée de 72 ans. Les touristes qui visitent la région découvrent aussi avec curiosité les enchères électroniques, tout comme les groupes d’écoliers et d’étudiants.
« Pendant la visite, les réactions sont diverses (“Ça pue..., ça sent bon…”). Quand certains urbains s’émeuvent d’un petit coup de bâton appliqué sur une bête, je les remets en place en les incitant à s’émouvoir plutôt de la maltraitance qui règne dans certains Ehpad ou hôpitaux », poursuit-elle.
Situé au cœur du petit village de 500 habitants, aux confins de la Bourgogne et du Roannais, le marché a toujours fait partie du quotidien de Marie-Françoise. « Enfant, j’aidais mes parents, éleveurs-emboucheurs à la ferme. Je les accompagnais sur le foirail pendant les vacances. C’était la sortie. » Seule femme aux côtés de neuf autres guides bénévoles, elle a plaisir à transmettre l’histoire de l’élevage de la région.
Tous les mercredis sur le foirail
Chaque semaine, Marie-Françoise embarque ses passagers dans les coulisses d’une institution née en 1488 et où la race charolaise est reine. « En 1690, les animaux étaient attachés à des cordes tendues entre les arbres de la grande rue. En 1900, les transactions se réglaient de part et d’autre du petit mur d’enceinte. Depuis 2009, elles sont électroniques. »
Consciencieuse et précise dans ses explications, celle qui a assuré deux mandats en tant que conseillère municipale de 1989 à 2001 veille à actualiser régulièrement ses informations. « Absente en juin, j’ai loupé les derniers travaux. J’ai demandé qu’on m’explique les nouveautés. » Cette activité touristique s’inscrit dans l’agenda bien rempli de la septuagénaire : mercredi marché, jeudi randonnée, vendredi tricot et, le reste du temps, foyer rural de la commune.
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